Fait de société : Otages en Afghanistan
Guerre zone interdite
Déjà trois mois que les deux journalistes de France 3, du magazine pièces à conviction, sont retenus otages par un groupe Taliban.
Le gouvernement français a demandé une totale discrétion sur cette affaire, la
polémique est venue de lui et du Général Georgelin, expliquant que 10 millions euros avaient été déjà dépensé pour la libération de ces deux journalistes.
Il est difficile d’enquêter à distance. Déontologiquement parlant, il est du devoir d’un journaliste que d’informer le public. L’information est un droit.
Il est vrai que depuis 2001, plus de 74 étrangers ont été kidnappé en Afghanistan, dont une douzaine de journalistes. Souvent, il n’est parlé de ces otages que lors de leurs libérations. Jusque
là, jamais il n’avait été évoqué le montant d’une rançon.
Le service communication des Armées
La communication de l’armée est-elle sérieuse, fiable, non polluée par la
politique. Il est difficile de répondre de façon objective. L’armée est sous la responsabilité du Ministère de la défense, et en conséquence du Président de la République. Il est possible qu’on
leur souffle des infos pour raison d’état afin de mener à bien une mission. Dans ces conditions, il est facile de se servir des médias pour aller dans le sens de nos dirigeants. Les briefings des
armées ne remplaceront jamais le travail des journalistes.
La communication de l’armée ne représente qu’une partie des protagonistes. Enquêter auprès des autochtones par téléphone ou mail est tout aussi aléatoire. La véracité des dires reste difficilement vérifiable.
Ne pas se tromper de coupable
Les journalistes qui partent pour l’Afghanistan connaissent les risques encourus
Certains pointent du doigt leurs imprudences, le laxisme des rédactions. Mais les vrais coupables restent les preneurs d’otages.
Certains ont reproché aux journalistes de ne pas avoir pris d’escorte de l’armée. Mais si l’armée était tombée en embuscade, les journalistes auraient été encore tenus pour responsables.
N’oublions pas, en décembre 2009, cette journaliste canadienne qui a trouvé la mort avec une escorte de l’armée, leur véhicule avait sauté sur une bombe artisanale. Le risque zéro n’existe pas et
que l’on soit journaliste ou soldat, on doit en être conscient.
Il est interdit d’interdire
Tout le monde se souvient de ce célèbre slogan des événements de 1968. Apparemment le président Sarkozy a oublié que
l’interdit pousse à la désobéissance. En 2004, le gouvernement avait été plus subtil lors de l’enlèvement de Florence Aubenas. Matignon avait engagé le dialogue avec les rédactions. Là, le
gouvernement avait conseillé de ne pas aller en Irak. La majorité des médias avaient optés pour ne pas y aller. Un conseil et le dialogue passent toujours mieux que les interdictions d’un homme
assoiffé de pouvoir qui a oublié que la France est la terre des droits de l’homme, et non une république bananière.
Le prix d’un otage
Pourquoi parler seulement maintenant du coût d’un otage alors qu’ils n’ont pas été encore libérés. Combien a couté la libération
d’Ingrid Betancourt pour laquelle le président Sarkozy c’est autant investit, alors qu’elle est de nationalité colombienne. Bien sûr, nous éviterons de souligner qu’Ingrid Bettancourt est un
personnage plutôt controversé depuis qu’elle a été libérée (inutile de dire que sa libération a été réussie par les américains, il serait dommage de vexer notre Président).
Le plus important est que Stéphane et Hervé, nos deux collègues nous reviennent très vite, en bonne santé, parmi leurs familles, leurs amis, leurs collègues et leurs soutien. N’oublions surtout
pas leurs guides.
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