L'origine de cette journée remonte en 1960. En République Dominicaine, les sœurs Mirabal furent assassinées parce qu'elles militaient pour leurs droits. Elles devinrent les symboles du combat pour éradiquer la violence à l'égard des femmes.
Le 17 décembre 1999, l'ONU, par sa résolution 54/134, a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, et a
invité les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités conçues pour sensibiliser l'opinion au problème. Les
militants en faveur des droits des femmes ont choisi en 1981 la date du 25 novembre comme journée de lutte contre la violence, en mémoire des trois sœurs Mirabal,
militantes dominicaines brutalement assassinées sur les ordres du chef de l'État, Rafael Trujillo.
Cependant les sévices et tortures infligés par des hommes à des millions de femmes, sont une réalité. Il suffit de lire nos journaux locaux.
Témoignage
Les maltraitances revêtent différentes formes. Les plus connues sont les violences physiques, psychologiques et morales. Ces dernières ne laissent pas de marques sur la peau mais elles réduisent
une personne à néant. Les marques restent très longtemps. En tant que victime, je me demande si un jour j'arriverai à oublier. Cela fait 4 mois que je souffre. Les nuits
sont les plus dures : insomnie, réflexion, solitude.
Une humiliation, une remarque cinglante, il vous chante sur tous les tons que vous êtes nulle... Au bout d'un moment vous finissez par le
croire.
La descente aux enfers commence à ce moment là.
Cette situation, je l’ai vécue. Je l'ai endurée pendant plus de 6 mois et je l’endurerais encore s’il ne m’avait pas chassée de sa vie et de son appartement.
Il est difficile d’aimer quelqu'un qui vous diminue devant ses amis, la famille de son ex-femme, sa femme de ménage. J’ai aimé cet homme et je l’aime toujours. Ma tête m’impose de le détester et mon cœur me dit de continuer de l’aimer. Ce tiraillement est très usant.
Ces violences psychologiques et verbales sont venues, je pense, à cause de notre très grande différence d’âge. Etant respectueuse par nature, je ne me serais jamais permise de « l’envoyer
bouillir ». Je connaissais sa fierté, son orgueil de mâle. Je savais qu’il était incapable de s’excuser, même quand il savait qu’il avait tord.
Je l’avais déjà vu faire pleurer une femme en déclarant « ce n’est pas grave, elle pissera moins. » Je savais que son respect pour les autres était limité, que ce soit avec les femmes, mais aussi les hommes.
Pourquoi l’ai-je aimé ? Sans doute parce qu’on m’avait dit qu’il avait un tel caractère qu’il finirait sa vie seul comme un chien. La première fois où nous avons mangé ensemble, en tout bien
tout honneur, je l’ai senti tendre, fragile et seul. Il avait été trompé royalement par son ex-femme. Je trouvais cela lamentable. Et je le pense toujours. Avoir pitié
de lui non, mais avoir envie de le protéger de lui offrir un amour fidèle et vrai, oui, j'en avais très envie.
Ma plus grossière erreur a été d’être soumise. Pour éviter les heurts, j’ai accepté moults sacrifices :
Je n’avais pas le droit d’utiliser internet
Je n’avais pas le droit d’écrire en utilisant l’ordinateur
Je n’avais pas le droit de travailler bénévolement pour un centre social
Je n’avais pas le droit de concevoir des sites internet pour des amis
Je n’avais pas le droit de fréquenter des gens différents de lui, dont mon vieux frère homosexuel.
Il fallait que j’abandonne mon quotidien « Eawy News »..
Il fallait que j’abandonne mon guide touristique « Eawy Tourisme ».
Il fallait que j’ai plus d’ambition, mais quand je parlais de monter mon auto entreprise pour créer des sites internet, il me prenait encore pour une nulle.
Il voulait que je lui apprenne à se servir d’un ordinateur et ne faisait rien pour rester calme. Il partait avec l’idée que c’est une machine qui ne sert à rien et n’en voyait pas l’intérêt.
Je n’aimais pas les chiffres, il en raffolait. Il aimait le fric, pas moi.
Je n’avais pas le droit de répondre à un jeu tel que « Question pour un Champion ».
Je n’avais pas le droit d’être plus cultivée que lui.
Je n’avais plus le droit de mettre mes pantalons trop grands, mes tee shirt XXL alors qu’il m’a connu avec de telles tenues.
J’ai beaucoup souffert : j’ai bouffé des couleuvres à en vomir. Il a été si atroce en juillet dernier, c'était le 14 juillet, que j’ai avalé une cinquantaine de médicaments à base de
plantes pour en finir. Cela n’a pas marché, évidemment. Il était tellement égoïste qu’il ne s’en est pas aperçu, et pourtant j'étais dans le
« coltard. »
Il m’a chassé par deux fois. La première fois, j’avais parlé à un pauvre bougre qui faisait la manche et qui avait une cheville de cassée. J’aurais dû rester avec lui comme un petit chien, avec
ses pseudos amis. Des amis bien profiteurs qui venaient passer un week end gratos en bord de mer.
La dernière fois, il ne m'a même pas dit pourquoi il voulait que je parte. Au début, j'avais 15 jours pour déménager. C'était un matin, et le soir, je n'avais plus que 3
jours pour m'en aller. Je suis partie sous 2 jours.
J'ai souffert et je souffre toujours. Je me sens très seule, même si j'ai pu reprendre mes habitudes de bénévolat, si j'écris à nouveau sans me cacher, si je crée des sites internet, mais les
rares moments de douceurs que j'ai eu avec lui, me manquent profondément.
Si vous aussi vous subissez ce type de violences, ayez la sagesse de dire stop. Subir ne sert à rien. Il faut savoir dire non, tu me fais mal. S'il ne comprend pas, n'insistez pas. Avec ce
type de personnage, l'amour est toujours éphémère. Et les moments de répits seront toujours de plus en plus court.
Est-ce que je lui en tiens rigueur ? Non, mais j'en veux à ces gens qui l'on vu me maltraiter verbalement. J'en veux terriblement à sa femme de ménage qui a été à l'origine de mes pires
engueulades. Je suppose que ce devait être jouissif pour elle. Je lui en veux beaucoup. Quand une femme couvre ce type de violence, c'est lâche et ignoble. Je comprend que son boulot était en
jeu, mais elle aurait pu être correcte et demander de mes nouvelles.
Je ne sais pas si je pourrais avoir des relations à nouveau avec un homme. Je suis terrorisée rien que d'y penser. Il y a eu trop de violences, trop d'interdits. Je l'ai payé au niveau santé :
poussée de sclérose en plaque, déprime, malaise vagal à répétition avec cicatrices sur le visage en conséquence, insomnie..
Si votre homme vous fait subir de telles violences, dites stop vous même. Peut être aurez vous mal un temps, mais ce sera votre volonté, votre décision. Moi, je n'ai pas eu cette sagesse. Je
continue à subir.
Courage à toutes celles qui ont mal dans leurs chairs et leurs cœurs. Je connais vos souffrances. Les paroles font aussi mal que les gifles et
les coups de poing.
Témoignage de Ben.M, rédactrice de cet article.
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