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Les contes d'Eawy

Adèle, l’hirondelle du Londel

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Adèle est née à Bracquetuit. Ses parents avaient fait leur nid au faîte d’un arbre, dans le creux d’une branche ancestrale, au pied du Londel. Le Londel est un ruisseau bien souvent à sec en été.

 

A quelques mètres là, au sommet d’un chêne, vivait un couple de buse. Chez eux aussi, un bébé venait d’éclore : Erasmus.

 

Si Adèle grandissait vite en sagesse et joie de vivre, Erasmus était paresseux et morose. Si Adèle commençait à virevolter autour de son arbre en faisant des piqués vers le Londel pour gober les moustique undefined s, Erasmus flemmait dans le nid familial.

 

Erasmus se laissait gaver à longueur de journée. Sa mère lui amenait des vers, des morceaux de charogne. Il n’avait jamais mis une aile dehors, malgré qu’il ait déjà toutes ses plumes.

 

Adèle devenait de plus en plus habile en matière de vol plané. Elle avait tout compris de la technique du looping, la vitesse,… Elle faisait des descentes stupéfiantes au risque de se casser le bec, pour mieux remonter vers la cime des arbres.

 

Elle était gourmande et raffolait des petites baies des arbres, celles du sureau ou encore du cassis qu’elle chipait dans le jardin du maire. Cependant, ses jeunes entrailles avaient dû mal à s’habituer  à ce régime. A voltiger comme une folle, elle avait bien souvent des problèmes de ventre et de fortes coliques provoquaient des diarrhées en vol.

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Un matin où Adèle s’était trop gavée de sureau, elle eut de violente douleur dans le bas ventre alors qu’elle remontait en piqué devant le chêne des parents d’Erasmus. Elle rétablit la situation, fit un vol presque stationnaire au dessus du nid des buses. Et ce qui devait arriver arriva : elle fienta juste au dessus de la tête d’Erasmus qui se trouva tout souillé.

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De colère, il se leva. Lui qui n’avait  jamais pris son envol, il sauta dans le vide. Il battit violement des ailes. Voler c’est bien, mais savoir se diriger est primordial. Si Erasmus vola sur quelques mètres, il se fracassa sur le premier arbre venu. Il était fou de colère, de rage. Ces yeux étincelaient. Ce jour-là, il se promit de se venger de cette sale petite importune.

 

Il régla le plus urgent : savoir se diriger en volant. Sa mère mit plus d’un mois à lui apprendre quelques bases : virer à gauche, à droite, garder son cap.

Ensuite, il s’attaqua à la vitesse. Il lui fallait comprendre comment utiliser le vent et ses courants pour utiliser le moins d’énergie  possible afin que la vitesse devienne naturelle pour ce paresseux. undefined

Entre temps, Adèle avait pris la route du sud pour un bon semestre. Elle profitait du soleil africain avec sa mère. Son papa n’avait pas achevé le voyage ; Une très forte bourrasque l’avait disloqué sur les cotes méditerranéennes.

 

La mère d’adèle s’endormit, épuisée par le voyage et de chagrin, dans ce nid où elle avait tant aimé son amoureux. Elle s’endormit et ne se réveilla point.

 

Adèle fit sa vie. Elle entreprit de construire son propre nid. Elle entreprit de le faire au creux du toit d’une case. Elle y mit le temps mais elle fabriqua un endroit impeccable et confortable.

 

Pendant ce temps, Erasmus avait pris son indép undefined endance. Toujours un peu flemmard, il avait profité d’une fenêtre cassée au dernier étage de la mairie de Bracquetuit afin de s’installer dans les combles. Il avait trouvé de la paille et même un vieux matelas. Il menait une vraie vie de pacha.

 

Depuis qu’il savait voler avec brio, il faisait régner la terreur sur le village et les alentours. Les petits oiseaux tel que les mésanges, les rouges gorges qui ne migrent pas, en avaient grande crainte. Combien d’entre eux avait-il décimé ? Nul ne saura jamais le dire.

 

Dans son esprit de buse dégénérée, Erasmus ne pensait qu’à une chose : se venger. Il attendait le retour d’Adèle avec une impatience non dissimulée.

 

L’opération vengeance avait déjà commencé. Erasmus avait mis en pièce le nid d’été d’Adèle et ses parents. Il faut dire que ce nid était véritablement difficile à atteindre. Coincé à l’équerre du tronc et d’une branche, malgré la solidité de la construction, Erasmus mit toute son énergie, et sa rage afin de détruire le nid. A coups de bec et de griffes, il atomisa le nid d’été d’Adèle et ses parents.

 

Jamais paresseux n’avait autant travaillé, il mit trois jours à s’en remettre. Mais il avait pris un plaisir infini dans son œuvre de destruction. Durant trois jours, entre deux sommeils, il imaginait le désarroi de l’hirondelle. Il s’en amusait, ricanait et rirait fort.

 

Il est vrai que le retour d’adèle au printemps fut sous le signe de grands bouleversements. Erasmus l’observait de son œil perçant. Un rictus de haine se lisait sur son visage tandis qu’Adèle virevoltait de droite et de gauche marquant ainsi son désarroi à la disparition du nid familial.

Erasmus se dressa, poussa un cri suraigu et fonça droit sur la frêle hirondelle. Adèle n’eut pas d’autres solutions que de fuir. Pour échapper à son poursuivant, elle slalomait entre les arbres. Il faut dire qu’elle était avantagée par sa petite taille.

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Eramus quand à lui avait acquis suffisamment de puissance pour voler aussi vite qu’elle. Cependant, il restait lourd dans ses déplacements. Malgré tout, Adèle se trouva acculée devant une sorte de pompe près du Londel. Erasmus, les yeux injectés de sang avançait vers elle avec un rictus mauvais.

 

Adèle transpirait à grosse goutte. Il faut dire qu’elle se souvenait maintenant parfaitement de lui avoir fienté sur la tête.

 

Elle regardait de ci delà s’il n’y avait pas moyen de s’échapper. Mais rien, elle n’avait aucune chance de salut.

Un petit sifflement se fit entendre juste au dessus de sa tête. Elle était pile net juste au dessous de la bouche d’écoulement de l’eau. C’était véritablement une bouche en forme de gueule de lion. Adèle n’hésita pas à s’introduire dedans. L’endroit était lumineux, phosphorescent. La curiosité était trop forte, adèle continuait à avancer dans le dédale de tuyaux et arrivait enfin auprès de la rive d’un mini lac souterrain. Une floppée de moineaux l’accueilli par des piaillements assourdissants. undefined

 

Une vieille taupe répondant au nom de Symphorien l’accueillit  avec un discours grandiloquent. Somme toute, beaucoup de mots pour ne pas dire grand chose mis à par qu’il était content de la voir rejoindre les autres oiseaux de Bracquetuit.

Apparemment, depuis 6 mois qu’Erasmus savait voler, il avait mis une telle terreur dans le ciel du village que Symphorien, compatissant, avait agrandit ses galeries et construit une grande pièce commune afin que les oiseaux puis undefined sent jouir d’un certain confort près de la nappe phréatique. Depuis 6 mois, il vivait avec les rouges-gorges, les mésanges, les hirondelles nouvellement arrivées.

 

Les hirondelles avaient du mal à s’habituer à l’enfermement. Elles qui apprécient tant les grands espaces avaient le plumage qui avait blanchit sous l’effet du stress. Dès qu’un oiseau essayait de sortir le bec dehors, Erasmus fonçait sur lui.

 

La meilleure sauvegarde était encore de rester enfermé, protégé dans les entrailles de la terre. Au lieu de gratter la surface du sol, les moineaux le faisaient sur les parois afin de trouver des vers à manger.

Symphorien et les autres taupes du village creusaient des galeries afin de récupérer les graines et les racines.

 

Cette année là, les récoltes furent désastreuses à Bracquetuit.

 

La frêle Adèle se sentait responsable de la situation. Elle s’en confia à Symphorien qui eu des propos consolateurs : «  de toute façon, Erasmus est une boule de haine, on ne peut pas s’attendre à mieux de lui. Et si tu ne lui avait pas crotté » sur la perruque, il s’en serait pris à quelqu’un d’autre, »

 

Adèle avait pris la décision de se débarrasser de son ennemi L’église Saint Marguerite de la commune était ouverte au beau temps aux regards des passants, par une grille. Le grillage en fer forgé pouvait laisser passer un oiseau de petite taille mais guère plus.

 

Un beau matin, Adèle respira bien fort et prit son vol. Le ciel de Bracquetuit était merveilleux.

 

L’œil aiguisé d’Erasmus l’avait repéré. Il se mit à la pourchasser. Adèle pris la direction de l’église et se faufila entre les barreaux de l’entrée. Si Adèle était passée, Erasmus, lui, s’était claqué  le bec tout contre

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L’instituteur de la commune le ramassa et le soigna. Le bec d’Erasmus était devenu tout tordu, comme celui des perroquets. Désormais, il savait parler. L’instituteur l’avait gardé dans la classe de dernière année de primaire. Mais les enfants lui apprenaient trop de gros mots et il répétait bêtement. A force des coup de règles du maître, il perdit cette vilaine habitude Par contre, il répétait sans se lasser l (histoire des papous de Papouasie : Chez les papous y'a des papous papa et des papous pas papa. Mais chez les papous il y a aussi des poux, donc chez les papous y'a des papous papa à poux, des papous papa pas à poux, des papous pas papa à poux et des papous pas papa pas à poux. Chez les poux il y a des poux papa et des poux pas papa. Alors chez les papous, y'a-t'il des papous papa à poux papa, des papous papa à poux pas papa, des papous papa pas à poux papa, des papous papa pas à poux pas papa, des papous pas papa à poux papa, des papous pas papa à poux pas papa, des papous pas papa pas à poux papa et des papous pas papa pas à poux pas papa ?

 

Voyant qu’Erasmus ne pourrait plus jamais nuire à personne, l’instituteur le plaça dans l’école des maternelles. Les gamins raffolaient de l’histoire des papous de Papouasie.

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Pendant ce temps, Adèle et les autres oiseaux de Bracquetuit avaient repris possession du ciel et profitaient d’une vie bien agréable.

 
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Texte : Bénédicte Mouchard

Illustrations : Agnès Adidi

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